Monsieur le Maire, Chalon n’est ni Paris ni Marseille
Depuis cet après-midi, Gilles Platret interdit à tous les mineurs de circuler sans leurs parents sur l’ensemble de Chalon, jusqu’à lundi 6h. Dans tous les quartiers, sans interruption, qu’on ait 10 ou 17 ans, qu’on aille à l’entraînement ou chez un ami.

Le maire devrait lever les yeux de sa télé. Les mairies incendiées, les pillages et les places saccagées, c’était Limoges, Lyon ou Marseille. Pas Chalon, pas des enfants non plus. Nous ne sommes pas à Paris, et notre ville n’est pas en état de siège.
Le droit, lui, est clair. Depuis 2001, le Conseil d’État n’admet un couvre-feu pour mineurs que s’il répond à un risque précis, et s’il est limité dans le temps et dans l’espace. Le maire le sait. En 2023, au plus fort des émeutes, son couvre-feu ne visait que trois quartiers, et seulement la nuit.
Le calendrier n’a rien d’anodin non plus. Pris en fin de semaine et levé lundi à l’aube, cet arrêté rend presque impossible tout contrôle utile du juge. Le temps qu’un tribunal puisse statuer, il aura produit tous ses effets.
Pourquoi une mesure aussi spectaculaire ? Depuis le 8 octobre, le maire est candidat à l’Élysée. Mais nos enfants n’ont pas à servir de décor à une campagne nationale.
La sécurité des Chalonnais mérite une présence de proximité, des médiateurs, des éducateurs, un dialogue avec les familles. La fermeté qui protège, c’est d’abord une politique efficace.
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