Forum des associations, la Ligue des droits de l'Homme à nouveau écartée
La Ville de Chalon-sur-Saône a de nouveau refusé la participation de la Ligue des droits de l'Homme au Forum des associations du 5 septembre. Un an après la suspension d'une décision identique par le tribunal administratif de Dijon, nous demandons au maire de revenir sur ce choix.
La municipalité justifie ce refus par le caractère « revendicatif », même « partiel », de l'objet de l'association. À ce compte, faudra-t-il demain exclure l'association de quartier qui réclame un nouveau lampadaire ? Cette controverse est devenue un véritable marronnier de l'action de Gilles Platret.
Le droit s'est pourtant déjà prononcé. Par une ordonnance du 2 septembre 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Dijon a suspendu la décision d'exclure la Ligue des droits de l'Homme, en relevant un doute sérieux sur sa légalité au regard de la liberté d'association et du principe d'égalité. On pouvait penser que la Ville en tirerait les conséquences et réviserait son règlement. Il n'en est rien. Les mêmes motifs d'exclusion sont repris à l'identique, comme si une décision de justice n'était qu'un avis dont on pourrait s'affranchir lorsqu'il contrarie des choix politiques.
Personne ne conteste à la Ville le droit d'organiser son forum. Mais ce pouvoir ne l'autorise pas à trier les associations selon leurs convictions ou leur objet social. La liberté d'association, garantie par la loi du 1er juillet 1901, protège toutes les associations légalement constituées, y compris celles dont les engagements ne recueillent pas l'assentiment de la majorité municipale. Le pluralisme n'est pas une faveur accordée par un homme ou par une municipalité, c'est une exigence démocratique.
À force de distinguer les « bonnes » associations des autres, c'est l'image même du forum qui s'abîme, et avec elle celle de Chalon-sur-Saône. Nous demandons à Gilles Platret de permettre à la Ligue des droits de l'Homme de participer au Forum des associations et de modifier durablement les critères d'admission, afin qu'ils soient enfin conformes aux principes rappelés par le tribunal administratif. Persister exposerait la Ville à une nouvelle condamnation parfaitement évitable.
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