Ces derniers jours, la situation autour de la mosquée de la rue de Bourgogne a suscité de nombreuses réactions. Si le respect de la loi et de l’ordre public est une exigence partagée par tous, il est essentiel de replacer ce débat dans un contexte plus large, celui de l’égalité de traitement entre les cultes sur notre territoire.
En effet, après échanges avec plusieurs membres en charge de l’association cultuelle, il apparaît qu’une demande d’autorisation et d’organisation encadrée pour un événement similaire avait été formulée l’an dernier. Celle-ci avait déjà été refusée par Gilles Platret.
Dans le même temps, une procession catholique est organisée chaque 8 décembre entre la place Saint-Vincent et la Citadelle, avec un dispositif important de sécurisation assuré par la police municipale, incluant le blocage du boulevard, de l’avenue du Général Leclerc et des accès à la Citadelle.
Cette différence de traitement interroge légitimement : pourquoi une religion bénéficie-t-elle du soutien logistique et organisationnel de la ville, quand une autre se voit opposer un refus systématique, allant jusqu’à évoquer son déplacement forcé ?
Par ailleurs, la modification récente de la publication Facebook de Monsieur le Maire, visant à condamner les menaces de mort apparues sous cette même publication, met en lumière la gravité et l’irresponsabilité des propos initiaux. Lorsqu’une prise de parole publique, diffusée sur les réseaux sociaux officiels d’un maire, alimente à ce point les tensions qu’elle doit être corrigée en urgence, cela démontre qu’une ligne dangereuse a été franchie. Le préfet sera officiellement saisi.
Face à cette situation, il existe pourtant des solutions simples, concrètes et déjà éprouvées ailleurs. La ville de Torcy en offre un exemple pertinent : à l’occasion de l’Aïd al-Fitr 2026, près de 2 000 fidèles ont pu se rassembler dans le gymnase municipal Roger Couderc, dans un cadre organisé, sécurisé et respectueux de tous. Cette approche pragmatique permet :
- d’éviter les prières dans l’espace public,
- de garantir la sécurité des fidèles et des riverains,
- et de préserver la tranquillité du voisinage.
C’est dans cet esprit de responsabilité et d’équité que nous appelons à une solution apaisée : la location ponctuelle d’une salle municipale pour les grands rassemblements, dans le respect des règles républicaines.
L’enjeu n’est pas d’opposer les cultes entre eux, mais de garantir à chacun un traitement juste, digne et conforme aux principes de la République.
Pour une ville apaisée, respectueuse de tous et fidèle à ses valeurs.
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